Le travail du corps axé sur la colonne vertébrale et la respiration.

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ANIMA

Schéma corporel

CALLISTHENIE-FUNCAL + + +
Budō

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Le logo est composé du mot "FunCal" (acronyme des mots anglais Fundamental Calisthenics) et d'une icône représentant le cercle Ensô et des vocables Bu et japonais.
L'icône donne l'approbation spirituelle au logo.
L'icône de couleur rouge représente les couleurs du Japon.
Le mot "FunCal" est adapté en couleur noire ou blanche, selon les besoins.
Ensô
Le cercle tracé délimite un espace vital et protecteur d'existence.
Dans la sybolique zen régulière et licite le cercle ensô figure le vacuité mentale conduisant à l'achèvement voire l'achèvement lui-même, l'illumination.
Bu
Bu désignerait "la chose guerrière" (bushi, guerrier).
Une partie du kanji "bu" représenterait des "lances" ou des "hallebardes" et l'autre signifierait "arrêter".
Le kanji "bu" serait donc composé de deux parties signifiant "lance" et "arrêter".

  Gérard Monsterleet

ANIMA

«La religion de l'âme doit se conformer à la loi du corps qui, avec les années, se développe, certes, et finit par assumer ses vraies proportions tout en restant cependant identique à ce qu'il était ». (St Vincent de LÉRINS, Vème siècle)
L'âme (du latin anima) désigne le principe de vie constitutif de l'état humain (corps, âme).
Tout geste procède toujours d'une intention et le même geste objectif peut résulter d'intentions différentes. Sous cet éclairage, le geste apparaît comme manifestation culturelle de civilisation.
Si aucune croyance de quelque nature que ce soit ne saurait être imposée aux personnes car contraire à la liberté de conscience et, ce faisant, au libre épanouissement de l’individu, il est à remarquer que la conception exclusivement psycho-physiologique de l'être humain reflète les moyens d'investigation dont elle est issue, à savoir  ceux de la science moderne et de son seul monde accessible, le profane et l'empirique.
Les gymnastiques modernes sont de cette conception et s'aliènent ainsi toute perspective supra-humaine.
A contrario et en se situant, par exemple, dans une perspective chrétienne régulière et licite, la vision est tout autre. Pour autant que le langage chrétien soit susceptible de parler encore à un Occidental qui en aurait gardé quelques réminiscences même éparses, l'anthropologie biblique et patristique distingue, dans la nature humaine, le corps de la chair (en grec : soma et sarks) :

La chair est la force vitale commune à une certaine catégorie d'êtres vivants :
Toute chair n'est pas la même; mais autre est la chair des hommes, autre celle des quadrupèdes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons. (1 Co 15, 39)
Tout autre est le corps individuel de l'homme, qui n'a pas, comme la chair, un but pratique, mais a une destinée éternelle :
19 - Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du SAINT-ESPRIT qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez pas à vous-même ?
20 - Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu.
(1 Co 6, 19-20)
conception tripartite de l'être humain
Pour une gymnastique adéquate visant à la maîtrise des impulsions et des sensations, la distinction ordinaire et classique dans l'être humain entre le corps et l'âme est suffisante encore que cette conception strictement dualiste ne doit pas entraîner de confusion d'avec le monde spirituel qui est d'un autre ordre, ce  qui est de l'âme étant du domaine du psychique et non pas du spirituel. 
Envisager d'autres perspectives qui seraient d'ordre supra-humain, telles que dans certaines pratiques musulmanes, asiatiques, africaines ou amérindiennes, suppose au minimum une conception tripartite de l'être humain : corps - âme - esprit, en écrivant Esprit avec un E majuscule, pour éviter toute équivoque, encore que de telles références n'entrent généralement pas, sans distorsions réductrices fâcheuses, dans le champ conceptuel occidental.
..." Rendons au corps l'honneur de nous fournir un premier et solide degré. L'Église est pleine de braves gens qui passent une partie de leur vie à essayer l'oraison sans la réussir. Ne serait-ce pas que vous feriez un peu trop l'ange, je veux dire que vous comptez un peu trop sur les seules ressources de votre esprit ? Et votre corps, qu'en faites-vous ? Abandonné à lui-même, que saurait-il faire d'autre que de dormir ou vous tourmenter ? Ce grossier, ce malappris vous eût, dans sa naïveté, enseigné bien des choses. Pour éviter les coups de pied de frère âne (comme François d'Assise appelait le corps), vous n'avez donc jamais pensé que vous pourriez aussi bien monter sur lui ? Il aime tant à sympathiser sitôt qu'il vous sent bien en selle ! Oui, le corps peut prier."... (Le Révérend Père Victor POUCEL, 1872 - 1953)
Un corps stable et détendu, un souffle rythmé et le silence intérieur, engendrent le calme et la vacuité de l'esprit nécessaire au recueillement, propice à une prière authentique ou plus généralement à la démarche spirituelle et inversement.

  Gérard Monsterleet

SCHÉMA CORPOREL

«On peut le définir comme la résultante des renseignements collectés par les voies nerveuses postérieures (sensitives) et les ordres adressés aux muscles striés par la moelle antérieure». [Dr André de Sambucy]

Définition :
Le schéma corporel est une conception instrumentale du corps, prenant en compte les informations physiologiques nécessaires à son élaboration. C'est le support neurologique et fonctionnel des expériences corporelles, de toute une suite d'acquisition, d'apprentissage et d'intégration.
C'est un modèle permanent, quasi conscient, essentiellement tactile, visuel et postural, qui nous sert de référence constante dans nos relations avec l'espace, le temps et le monde qui nous entoure.
Le schéma corporel représente l'idée que nous avons de notre corps et grâce à laquelle nous pouvons, à tout moment et en toutes circonstances, nous représenter dans nos attitudes, au repos et dans l'action.
Le schéma corporel fait la synthèse des données tactiles, sensorielles et motrices. Il met en évidence leur localisation nerveuse et cérébrale.
Il permet la conscientisation de la position relative des muscles les uns par rapport aux autres et la connaissance nécessaire à la mise en forme du mouvement.
Le schéma corporel permet de localiser ce que nous dirigeons vers le corps. Il comprend la notion de modèle postural. Il donne également la notion de surface corporelle à l'aide des impressions optiques et tactiles.
C'est un système de contrôle et d'évaluation auquel chaque sensation nouvelle est rapportée et qui nous fournit les renseignements indispensables à notre activité. Prenant en compte tous les messages de nos sens, aussi bien ceux qui viennent de l'extérieur (sensations tactiles, visuelles, auditives, olfactives et gustatives) que ceux qui proviennent des viscères (cœur, vaisseaux, intestins, etc.), des muscles, des articulations et du système labyrinthique. Il les intègre en une synthèse dynamique, constamment réajustée.
C'est un système de contrôle et d'évaluation auquel chaque sensation nouvelle est rapportée et qui nous fournit les renseignements indispensables à notre activité. Prenant en compte tous les messages de nos sens, aussi bien ceux qui viennent de l'extérieur (sensations tactiles, visuelles, auditives, olfactives et gustatives) que ceux qui proviennent des viscères (cœur, vaisseaux, intestins, etc.), des muscles, des articulations et du système labyrinthique. Il les intègre en une synthèse dynamique, constamment réajustée.
La connaissance que nous avons de notre corps (somatognosie) s'élabore progressivement, depuis la naissance à partir d'expériences sensibles où fusionnent les besoins et les sensations, les désirs et les représentations, le plaisir et la douleur, les souvenirs et les impressions actuelles, le passé et le présent, l'espace et le temps. Grâce à elle, nous nous distinguons d'autrui et gardons le sens de notre identité corporelle. C'est un concept qui souligne l'importance de la neurophysiologie, mais tient compte des activités psychiques - car elles sont influentes dans la sphère somatique - et des répercussions dans la conscience des mécanismes purement physiologiques.

Les aires 5 et 7 de la région pariétale supérieure seraient les structures corticales de l'intégration du schéma corporel.

Gérard Monsterleet

CALLISTHÉNIE - FunCal

 DÉFINITION ET PRATIQUE

La FunCal (abréviation de Fundamental Calisthenics) se définit comme le travail du corps axé sur le travail du corps et la respiration. 
Ce travail privilégie la callisthénie, c'est-à-dire la part de la gymnastique où, dans l'exercice physique, seul le poids du corps fournit la résistance nécessaire.
La gymnastique est l'art d'exercer le corps pour le fortifier.
"On ne peut devenir fort, souple et agile, qu'en répétant longtemps et avec persévérance les mêmes actes. Cet axiome est la base de toute la gymnastique". [AMOROS]
La pratique consiste en une étude appliquée des fondamentaux corporels indépendamment de toute discipline particulière et dans une conception tripartite de l'être humain.
Elle vise à la structuration ou à la restructuration du schéma corporel et voit la réfection vertébrale par travail actif du sujet

Aucune disposition particulière n'est requise hormis l'assiduité.

Les exercices retenus s’effectuent préférentiellement en plein air, quelle que soit la saison, seul ou en très petit groupe.
Ils émanent essentiellement de la gymnastique orthopédique et visent à rendre dur ce qui est mou et mou ce qui est dur (bonhomme de Sambucy).
La durée d'une séance n'excède pas 1 heure.
Le travail s'inscrivant dans une perspective qui vise à la formation de soi, la démarche serait similaire aux dispositions du budō.
Au début de la pratique, le bâton à deux mains et la barre de fer légère (xylofer) sont utilisés pour faciliter la captation de sensations de base.
Certains adjuvants banaux peuvent être utilisés, comme la respiration profonde et l'hydrothérapie, etc., 
Une discipline alimentaire est associée.
Un bilan fonctionnel régulier ajuste la pratique selon la progression.
En 8 à 9 mois, une connaissance correcte de l'exercice physique est intégrée, assurant l'autonomie de la pratique, recherchée d'emblée.
Au-delà, la recherche se focalise essentiellement sur la posture Zhan Zhuang, forme ultime du mouvement.
"Bouger peu vaut mieux que bouger beaucoup; ne pas bouger vaut mieux que bouger peu ; bouger en étant immobile est le mouvement de la création." 

(Wang Xiang Zhai)

 I - L'exercice physique dans la perspective du budō
L'exercice physique est un travail corporel.
Le budô est une formation de l'homme.

La callisthénie reste une pratique corporelle occidentale sans autre finalité que celle d'exercer le seul corps physique (Cf. anima).

En quoi une gymnastique occidentale pourrait-elle s'inscrire dans une démarche similaire à celle du budō si elle n'additionnait la volonté de se construire soi-même ?
Le budô est une formation de l'homme.
"La voie (dô) concerne, pour les Japonais, toute la durée de la vie. La notion de budô comporte une tension vers l'amélioration de soi-même, c'est-à-dire de la personne dans sa totalité à travers la pratique martiale. Cette expression est compréhensible pour les Occidentaux, mais ils ne lui donnent pas le même sens que les Japonais." [Tokitsu Kenji].
Si donc une gymnastique occidentale, comme FunCal, prétend à certaines similarités avec certains aspects du budo, elle doit l'étudier et s'efforcer, autant que faire se peut, transposer dans sa pratique gymnique certains principes de celui-ci. Ainsi du tanren, la forge d'un esprit pur :
... "Seïshin Tanren est une notion commune non seulement à toutes les disciplines martiales japonaises, mais elle s’étend également à toute étude approfondie requérant une participation active du corps et de l’esprit. L’image est d’ailleurs bien choisie : ce n’est que dans le feu intense de l’action et par les chocs répétés des remises en question que l’esprit du pratiquant acquiert assez de malléabilité pour prendre la forme par les principes de telle ou telle tradition." ... 

[Pascal KRIEGER]

"Je conçois l'entraînement comme une éducation du corps physique, énergétique et spirituel, ce qui n'empêche en rien la préparation du corps martial."

[UEMURA Shigeru]

Comme le dit AKIRA Hino, « Ce sont les principes universels utilisables par les pratiquants indépendamment de leur discipline, qui ont un véritable intérêt. ».
Cette ambition de construction de soi se retrouve dans le body-building nord-américain mais de manière réductrice à la seule dimension physico-chimique du corps humain.
La construction de soi, dans la perspective de la FunCal, est d'une autre dimension et d'une autre nature. s'appuyant sur une recherche indéfinie dans le temps, qui, à son stade ultime, cultive la posture de "tenir un arbre" (Zhan Zhuang) du Yi Quan (Boxe de l'intention) qui est tout à la fois le fondement et la quintessence de la gymnastique chinoise.
La pratique gymnique est alors à concevoir alors dans son acception étymologique :

II - QUELQUES RÉFÉRENCES POUR GARDER LE CAP :

Pascal KRIEGER
LE TANREN
La forge d’un esprit pur
Seïshin Tanren est une notion commune non seulement à toutes les disciplines martiales japonaises, mais elle s’étend également à toute étude approfondie requérant une participation active du corps et de l’esprit. L’image est d’ailleurs bien choisie : ce n’est que dans le feu intense de l’action et par les chocs répétés des remises en question que l’esprit du pratiquant acquiert assez de malléabilité pour prendre la forme par les principes de telle ou telle tradition.
Puis une fois la forme désirée acquise, une cristallisation s’effectue un peu à la manière de la trempe, et l’esprit est alors inaltérable … jusqu’à la prochaine opération de forge.
L’esprit du pratiquant repose sur des braises
Tout comme le métal insuffisamment travaillé, le pratiquant qui manque d’entraînement ou qui ne se donne pas assez ne permettra pas à son esprit d’atteindre une température suffisante et la forme de cet esprit restera inachevée… On ne trempe pas un métal qui n’a pas assez chauffé.
En Budô, le métal (l’esprit du pratiquant) est chauffé progressivement par les techniques de base, les rudiments de l’étiquette du Dojô, la mise en forme physique. Cela peut prendre 18 mois à 2 ans. Ce sont par exemple, l’étude des mouvements de Judô d’une manière statique, les chutes et la condition physique. Pour l’Aïkido, c’est le Ko no Geiko, pour le Jodô les Kihon et Omote, ou Shoden pour l’Iaïdo. C’est une période ou les coups de marteaux sont encore rares, le métal repose sur des braises à une température bien déterminée afin de ne pas brûler le métal avant de l’avoir travaillé. Puis la température s’élève sensiblement. Périodiquement, le métal est sorti de la forge pour être battu, replié, étendu, replié encore et tourné dans tous les sens. Cette chaleur intense est fournie par le travail plus dynamique du Randori et de la compétition du Judô ainsi que dans d’autres disciplines. C’est le Ju no Geiko en Aïkido, Chudan et Ran Aï en Jodô, Chuden en Iaïdo. Plus l’intensité de la chaleur est grande, plus le métal est malléable. Quant aux coups de marteaux, ce sont les douleurs bravement assumées, les défaites péniblement mais vaillamment digérées, les périodes de découragement précédant celles de l’espoir, les remises en question menant à de douloureuses contorsions mentales et aboutissant à des bribes de sagesse, bref, tout ce qui rythme une vie de pratiquant de Budô, avec tout ce que ce terme de pratiquant implique…
La trempe est le résultat d’un processus intérieur
A l’instar du marteau qui descend inexorablement sur le métal rougi, le rythme des difficultés décrites ci-dessus martèle l’esprit du pratiquant en altérant peu à peu la forme. C’est une longue période qui peut durer jusqu’à 5 ans ou 6 ans, certains métaux plus durs que d’autres nécessitant des opérations répétées. Lorsque les stages intensifs, les Misogi (entraînements d’endurance), les Embu et les autres Shiaï ont porté la température du métal/esprit à son paroxysme, il se produit une sorte de cristallisation des notions reçues. Cette cristallisation peut être comparée à la trempe du métal travaillé, mais au contraire de la forge, la trempe n’est pas effectuée par quelqu’un, elle est le résultat d’un processus intérieur alimenté par un entraînement régulier et sérieux.
Après cette première cristallisation, le processus peut être répété plusieurs fois jusqu’à ce que la forme du métal/esprit atteigne la perfection. Après chaque période de cristallisation, le pratiquant est altéré pour toujours. Il n’y a pas de possibilité en arrière. Un individu qui a suivi un entraînement pendant 5 ou 6 ans ne sera plus jamais le même car il aura eu accès à des vérités qui ne s’expliquent pas et qu’on ne peut tout simplement oublier.
Ceux pour qui la cristallisation semblerait venir trop rapidement ne doivent pas oublier que l’opération qui suit les occupera bien assez longtemps : il s’agit du polissage et du peaufinage. Ceci peut se faire jusqu’à notre dernière heure…
Si vous m’avez suivi jusqu’ici, vous serez d’accord avec moi que certaines questions diablement importantes se profilent à l’horizon de ce modeste exposé : si la forme de l’esprit est décidée par le forgeron (la tradition du Maître) ne court-on pas un risque énorme en nous confiant à un tel changeur d’esprit ? Et la forme que l’on prétend donner à notre esprit, est-elle vraiment souhaitable ? Voici des questions qui risquent de vous donner autant de maux de têtes que les coups de marteaux dont on parlait plus haut. Ne perdons pas de vue qu’elles sont de toute première importance, surtout lors du choix d’une discipline ou d’un enseignant…

TOKITSU Kenji
... "Contrairement à son image vulgarisée, le budō n'est pas une reprise directe de la pratique guerrière des arts martiaux. C'est une conception moderne qui vise une formation globale de l'homme - intellectuelle et physique - par la pratique des disciplines traditionnelles de combat. Le budô est un terme général qui recouvre l'ensemble de ces disciplines."...
... "La voie (dô) concerne, pour les Japonais, toute la durée de la vie. La notion de budô comporte une tension vers l'amélioration de soi-même, c'est-à-dire de la personne dans sa totalité à travers la pratique martiale. Cette expression est compréhensible pour les Occidentaux, mais ils ne lui donnent pas le même sens que les Japonais." ...
... "Certains chercheurs occidentaux définissent le budô, en relevant des traits communs à des disciplines d'arts martiaux d'origines diverses. Mais la particularité fondamentale du budô consiste plutôt dans, la conception d'une formation de l'homme que dans la particularité gestuelle des disciplines." ...
... "La tension vers la formation de soi, au sens où je l'ai exposé plus haut, n'apparaît pas d'une manière abstraite, mais elle s'appuie sur une sensation corporelle concrète. Il s'agit d'une sensation corporelle que tous les êtres humains peuvent concevoir quelle que soit leur origine culturelle. Autrement dit cette sensation corporelle est la clef qui permet de pratiquer le budô à part entière en dépassant les obstacles culturels." ...
... « En tout cas, le développement de la sensibilité n'est pas incompatible avec la recherche de l'efficacité, il constitue au contraire une condition essentielle pour acquérir et développer l'efficacité et la puissance. Seulement une telle méthode est difficile à accepter directement par la plupart de ceux qui veulent pratiquer un art martial ou un sport de combat. Il leur parait évident de partir de leurs dispositions et de la sensation directe et spontanée de la force que représente « la dureté ». La force par la dureté qui est le prolongement des gestes quotidiens est immédiate et directement impressionnante, ce n'est donc pas par hasard que la plupart des karatékas commencent par chercher dans cette direction. » ...

 in ... Le budô par delà les barrières culturelles.

UEMURA Shigeru
... "C’est pourquoi je considère les arts martiaux comme la seule discipline capable d’opérer une rééducation générale de l’être, de nous ramener à une gestion plus instinctive, plus animale de nous-mêmes. Les animaux prennent rarement de risque, car la blessure, c’est la mort. Ils ont des mécanismes de politesse, fuient les combats difficiles. Ils cherchent naturellement ce qui est bon pour eux et esquivent le danger. Les hommes forts meurent facilement dans la rue d’un coup de couteau parce qu’ils n’auront pas su intégrer cette gestion instinctive : éviter le mauvais combat, éviter d’être touché. En karaté, j’aime bien considérer le coup, symboliquement, comme un coup de couteau. Cela aussi, c’est de la gestion énergétique, au niveau émotionnel. Le réflexe de politesse, c’est une bonne inertie, une force qui vous entraîne du bon côté et évite le combat que d’autres, par mauvaise inertie, ne sauront pas voir venir." ...
... "La compétition ... Je n'y suis pas favorable, ne serait ce que pour ces effets néfastes sur la santé. Elle entraîne un effet toxique de la production d'oxygène actif (4 sortes) qui abîme les artères et les cellules du cœur, empêche leur régénération tout comme les cellules du cerveau qui sont à jamais déformées. Ce qui engendre un affaiblissement constant. En Occident, toutes les personnes pratiquant un sport de compétition à haut niveau comme le marathon, la gymnastique, la natation ou les sports de combats, rencontreront ces mêmes problèmes. Par exemple, un marathonien de haut niveau, âgé de 28 ans, présente une usure physique interne correspondant à une personne âgée de 60 à 70 ans. Le pire des cas connus : celui d'une gymnaste olympique âgée de 14 ans usée comme une personne de 70 ans.

SAGAWA Yukiyoshi
... "J'ai fait un grand nombre de découvertes et un grand pas en capacité de combat entre mes 70 et 80 ans. Ceux qui disent qu'ils sont vieux, parce qu'ils ont 50 ou 60 ans, ont effectivement échoué d'avance en budô. Il faut continuer à s'exercer. Selon mon expérience, jusqu'à 80 ans je pouvais développer mes muscles. J'ai continué à découvrir de nouvelles techniques après mes 80 ans et j'en découvre toujours aujourd'hui. C'est ainsi qu'à 90 ans, j'étais tout à fait en forme. Aucun de mes élèves ne peut me faire face." ...
... "Jusqu’à 70 ans au moins vous pouvez continuez à renforcer les muscles. Si vous vous renforcez jusqu’à 70 ans, vous ne diminuez plus après 80 ans. J’en suis un exemple… L’objectif du renforcement du corps est d’obtenir la capacité de réaliser l’efficacité sans utiliser la force. Si vous devez utiliser la force, c’est parce que vous n’avez pas renforcé votre corps. Le renforcement ne concerne pas seulement le corps, il faut renforcer la tête. Commencez sitôt que vous avez compris. Si je trouve maintenant une nouvelle idée d’entraînement, je l’introduirais immédiatement, même à mon âge, alors que j’ai largement dépassé les 80 ans. Mais il ne faut pas nuire à la santé en se renforçant. Réfléchissez et trouvez une méthode pour vous renforcer sans vous détruire." ...
... "Même si je dis que l’aiki ne dépend pas de la force, pour y parvenir il faut se renforcer pour être capable de maîtriser la force. Pour cela, il faut durement se renforcer chaque jour, en réfléchissant. Pour pouvoir se renforcer passablement il faut au moins 20 ans. Sans un corps entraîné, il est impossible de réaliser le vrai aiki." ..
- Auteur : KIMURA Tatsuo - added only in the English edition after the passing of SAGAWA sensei
- Éditeur : MAAT Press, South San Francisco, California, USA, August 1, 2009
- Broché : 256 pages, 58 photos
- ISBN : 978-1-893447-10-3

SAWAÏ Kenichi
.. « Même si chacun ne peut pas devenir un grand adepte, il faut avoir cet objectif. Pour cela, il est nécessaire d'apprendre à employer le ki et à maîtriser la totalité de son corps avec souplesse. L'entraînement qui manque de souplesse ne permet pas d'employer son énergie sans perte et le niveau baissera fatalement en vieillissant. »....
... "Devenez comme un arbre géant dans la nature, car tout y est. Formez un grand tronc durant la jeunesse afin que vous puissiez avoir des branches flexibles lorsque vous serez vieux." ...
... « Quand on a moins de 25 ans, il n'est pas tout à fait négatif de s'entraîner avec une force rigide mais, après cet âge-là, il faut apprendre la technique du petit oiseau. ... Tel est l'idéal de la technique. » ...
... « Tu bouges comme un taureau, il y a trop de perte d'énergie. » ... « Si tu bouges comme tu le fais actuellement, tu ne pourras jamais continuer le karaté jusqu'à mon âge.» ...
Taiki-Ken : The Essence of Kung-Fu
- Auteur : Kenichi SAWAÏ
- Éditeur : JAPAN PUBLICATIONS, INC, July 1976
- Relié : 157 pages
- ISBN-10 : 0870403737
- ISBN-13 : 978-0870403736
... "Quand l'éditeur Japon Publications, Inc., m'a demandé de produire ce livre, j'ai hésité, puisque je me suis demandé s'il était possible d'expliquer en texte et photographies mon genre de kempo, qui doit être appris et maîtrisé avec le corps. En outre, j'ai eu des doutes au sujet de la valeur des arts martiaux appris des livres. Puis j'ai reconsidéré ma position. D'abord, j'ai pensé que peut-être il y a les gens qui peuvent comprendre la signification vraie de quelque chose en ne faisant rien de plus qu'examiner une photographie. Puis, se rendant compte que le traitement de mes organes internes résultant de Taiki-ken m'a permis de vivre à un vieil âge mûr dans la bonne santé, j'ai vu que ma connaissance pourrait aider d'autres pour apprécier la même bonne fortune. Et ces considérations m'ont fait décider d'aller en avant de pair avec l'écriture et l'édition de ce livre." ...

TAMURA Nobuyoshi
... "Pour les Européens, KEIKO signifie, ou a été traduit par EXERCICE - ENTRAINEMENT. Pour nous Japonais, KEIKO globalement contient RENSYU - TANREN ou RENMA.
REN de RENSYU veut dire PÉTRIR. SYU : APPRENDRE. Donc apprendre en pétrissant. Plutôt qu'exercice donc RÉPÉTITION, RÉPÉTITION, RÉPÉTITION...
TAN de TANREN, pour le forgeron, le fabricant de KATANA, c'est marteler le fer et aussi le tremper. REN, je vous le rappelle PÉTRIR.
Plutôt qu'entraînement, nous aurons donc à fortifier, discipliner, chauffer, laisser refroidir, puis frapper, changer la forme, donner une forme. Si vous voulez entraînement, mais un entraînement très dur.
RENMA - REN - PETRIR, MA - POLIR
Comme avec le diamant ou avec la lime.
D'abord la gangue, puis le diamant et enfin le polissage dans ce sens.
Ajoutez encore à TANREN ou RENMA cette notion que nous pousse à faire 100 fois ce qu'une personne fait 10 fois, mille fois ce qui est fait 100 fois, etc...
L'ensemble de ce travail est KEIKO." ...
- Auteur : TAMURA Nobuyoshi
- Éditeur : Budo Éditions, 15 octobre 2003, Collection Aïkido
- Broché : 143 pages
- ISBN-10 : 2846170134
- ISBN-13 : 978-2846170130